atelier, journal, fragments, notes, etc.
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27.10.16 – (in)citation

Bergheim, 20.07.16
© Danièle Momont

Trop affamé encore pour
Déguster et trop creux de-
Dans trop petit et trop sec

Trop impatient de grandir
Se dénouer la gorge pour
Avaler les mots tout avaler

La vie peinant à convaincre
Tout entasser dans le vide
Du cœur se gaver du Verbe

Et le recracher comme neuf.

Trop impatient de grandir


Patrick Varetz (à paraître)

27.06.16 – (in)citations

Le cadeau dit « imparfait » de Joëlle (pour cause de bulles d'air), 29.04.16
© Danièle Momont

« Je préfère le ridicule d'écrire des poèmes au ridicule de ne pas en écrire. »
(Wisława Szymborska)


« J'écris pour me parcourir. Peindre, composer, écrire : me parcourir. Là est l'aventure d'être en vie. »
Henri Michaux, Passages (1950)

« Ne laisse passer aucune pensée incognito, et tiens ton carnet de notes avec autant de rigueur que les autorités tiennent le registre des étrangers. »
(Walter Benjamin)

« Quand on a fait de la poésie, et qu’on a cessé, on est mort : le jour où soudain il est possible de recommencer, la poésie est la vie : la vie, depuis le premier jour où on a écrit de la poésie, est la poésie. »
Marc Cholodenko, La poésie la vie

« Il est impardonnable de voyager – et même de vivre – sans prendre de notes. Sans cela, le sentiment mortel de l’écoulement uniforme des jours est impossible à supporter. »
Franz Kafka, Journal et notes de voyage (trad. Marthe Robert)

01.06.16 – (in)citation

Charenton-le-Pont, la cour, 06, 07, 08, 09.05.16 (de gauche à droite et de haut en bas)
© Danièle Momont

« Je veux traverser ce présent, et je le traverse, je n'ai pas d'autre temps que le temps dans lequel je vis, et je veux savoir dans quel état je vis, dans quels instants, et ce que contiennent ces instants, quelles impressions sensorielles, et ce qu'elles renferment. »
(Rolf Dieter Brinkmann, Rome, regards, trad. Martine Rémon)

27.05.16 – (in)citation

Musée Fragonard de l'École vétérinaire de Maisons-Alfort, 27.04.16, os de bœuf
© Danièle Momont
 
« Mettre à nu certaines obsessions d'ordre sentimental ou sexuel, confesser publiquement certaines des déficiences ou des lâchetés qui lui font le plus honte, tel fut pour l'auteur le moyen – grossier sans doute, mais qu'il livre à d'autres en espérant le voir amender – d'introduire ne fût-ce que l'ombre d'une corne de taureau dans une œuvre littéraire.
[...]
User de matériaux dont je n'étais pas maître et qu'il me fallait bien prendre tels que je les trouvais (puisque ma vie était ce qu'elle était et qu'il ne m'était pas loisible de changer d'une virgule mon passé, donnée première représentant pour moi un lot aussi peu récusable que pour le torero la bête qui débouche du toril), dire tout et le dire en faisant fi de toute emphase, sans rien laisser au bon plaisir et comme obéissant à une nécessité, tels étaient et le hasard que j'acceptais et la loi que je m'étais fixée, l'étiquette avec laquelle je ne pouvais pas transiger. »
(Michel Leiris, L'Âge d'homme et sa préface) 

17.05.16 – (in)citation

 Charenton-le-Pont, 10.12.15
© Danièle Momont

« Et qu'est-ce qui m'empêchait de renverser les barrières et d'inonder la page ? Pendant des années et des années, je n'avais cessé d'amasser comme un avare, d'emprunter ceci ou cela à mes maîtres bien-aimés, les cachant comme des trésors, oubliant où je les avais fourrés, et en cherchant toujours davantage, encore et encore. Au fond de quelque puits obscur et oublié étaient enterrées toutes les pensées et les expériences que je pouvais réellement appeler miennes, et qui étaient certainement uniques, mais que je n'avais pas le courage de ressusciter. Quelqu'un m'avait-il jeté un sort pour m'imposer de travailler avec deux moignons arthritiques au lieu de deux poings solides ? Quelqu'un était-il venu se pencher au-dessus de moi pendant mon sommeil en murmurant : “Tu ne feras jamais cela, jamais tu ne le pourras !” [...] Ou étais-je encore au stade du cocon, un ver pas encore assez enivré de toute la splendeur et de toute la magnificence de la vie ?
Comment savoir s'il s'envolera un jour, s'il se mêlera à toutes les créatures ailées et ira se perdre dans les hauteurs frissonnantes de la lumière ? Impossible. On ne peut qu'espérer et prier et se frapper la tête contre les murs. Mais “il” sait. Il peut attendre son heure. Il sait que toutes les erreurs, tous les détours, tous les échecs et les frustrations seront mis à profit. Pour naître aigle, il faut s'habituer à l'altitude ; pour naître écrivain, il faut apprendre à aimer les privations, les souffrances, les humiliations. Et surtout, il faut apprendre à vivre en marge. Tout comme le paresseux, l'écrivain s'accroche à sa branche tandis qu'au-dessous de lui la vie jaillit, incessante, tumultueuse. Quand il est prêt, ploc ! il tombe dans le flot et la bagarre pour la vie.
[...]
J'avais maintenant tout le temps de divaguer ainsi du matin au soir ; ces idées surgissaient autour de moi comme des peupliers tandis que je parcourais les rues en quête d'inspiration, ou lorsque je posais la tête sur mon oreiller pour me noyer dans le sommeil. “Quelle merveille que de vivre en littérature !” me disais-je parfois. Ce monde intermédiaire où foisonnaient des branches qui se pénétraient et s'entrecroisaient. La douce activité associée à mon “œuvre”, loin d'épuiser mon énergie, la stimulait encore. Je bourdonnais inlassablement comme une abeille. Si je me plaignais parfois d'être épuisé, ce n'était jamais de trop écrire, mais de ne pas être en état d'écrire. »

(Henry Miller, Nexus, trad. Roger Giroux)

29.04.16 – (in)citation

« Être artiste, c’est accepter le sans cesse du travail, jamais le même mais toujours du pain sur la planche, y compris détruire, reprendre, attendre. »
(Antoine Emaz, Cuisine)

15.04.16 – (in)citation

« Rien n'est de trop si je consens à la petite écoute intense »
(Jacques Jouet, Poèmes de métro)